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08/10/2014

_The Science Fiction of Isaac Asimov_

The Science Fiction of Isaac Asimov : Joseph F. Patrouch, Jr. : 1976 : Panther : ISBN-10 0-586-04393-4 : 325 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 0.75 GBP pour un poche non illustré (existe aussi en version US chez Doubleday en hc 0-385-08696-2).

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Même si son étoile a incontestablement pâli depuis son décès (et ses romans tardifs à la qualité parfois discutable), Isaac Asimov reste l'un des auteurs majeurs du genre, à la fois dans l'esprit du "grand public" et dans celui des amateurs du genre. Ceci explique logiquement la profusion d'ouvrages qui lui sont consacrés (de la biographie de White aux ouvrages de Olander & Greenberg, Gunn, Fiedler & Mele ou Hassler pour n'en citer que quelques-uns). Sous la plume de Partouch (dont c'est le seul ouvrage sur le genre), cet ouvrage dans cette édition (la première datant de 1974 aux Etats-Unis) est d'ailleurs contemporain de la période maximale d'exposition d'Asimov en Grande Bretagne où, dans la foulée de The Gods Themselves, c'est la pleine époque des couvertures de Foss sur des titres publiés par Panther.

anglais,2 étoiles,asimov

Après une introduction qui joue au célèbre jeu de la définition de la Science-Fiction, le livre de Patrouch est divisé en neuf chapitres de taille inégale (de vingt à quarante pages) et dont l'organisation est globalement chronologique (ce à quoi la carrière d'Asimov se prête bien). Sont donc abordés successivement les oeuvres de jeunesse, le cycle des Robots, les Fondations (séparées par l'apparition du Mulet), les "autres" romans (en deux chapitres), les recueils (idem) et enfin les textes récents (à l'époque d'écriture, c'est à dire essentiellement The Gods Themselves). Outre les mini-bibliographies en tête de chaque partie, l'ouvrage propose une bibliographie secondaire et un index en fin de volume.

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Il est clair que la tâche de passer en revue l'oeuvre d'Asimov en 300 pages au format poche est mécaniquement difficile au vu de la productivité effrénée d'Asimov (et encore Patrouch n'aborde pas les ouvrages de vulgarisation). C'est donc plus à un survol que nous convie l'auteur plus qu'à une analyse en profondeur texte par texte, c'est d'autant plus vrai qu'Asimov lui-même, toujours dans la modestie et la retenue, n'a jamais été avare de commentaires et de réflexions sur ses propres écrits, par le biais de nombreuses (et auto-satisfaites) préfaces, introductions, postfaces, articles, essais, livres complets et autres autobiographies.

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Malgré tout, Patrouch nous livre là un bon petit bouquin. Le maître-mot est ici une grande lisibilité qui rend le parcours d'écrivain d'Asimov agréable à lire. Suffisamment exhaustif (même si tout n'est pas passé en revue), solide (Patrouch maîtrise clairement son sujet) et documenté (par exemple sur la genèse des Fondations), cet ouvrage offre une bonne introduction à cet auteur essentiel en rendant compte de façon ordonnée de son parcours au sein du genre. Parfois agréablement critique même s'il est généralement plutôt positif (ce qui est normal) ce livre est une addition intéressante (et fort économique) à l'étagère entière des titres sur Asimov.

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Note GHOR : 2 étoiles

24/09/2014

_Science Fiction in the Twentieth Century_

Science Fiction in the Twentieth Century : Edward JAMES : 1994 : Oxford University Press (série Opus) : ISBN-10 0-19-289244-4 : xiv+250 pages (y compris index et bibliographie) : coûtait 7.99 GBP pour un petit tp non illustré assez largement diffusé.

anglais,2 étoiles

Sous la plume d'Edward James (un estimé médiévaliste et spécialiste de la SF qui a, entre autres, été rédacteur en chef de Foundation et dirigé un nombre important d'ouvrages collectifs sur le genre), cet ouvrage est un de ces nombreux titres dont l'objectif est de parvenir à une présentation synthétique du genre pour un public néophyte (et sans doute scolaire ou universitaire). Relativement tardif (la vague de ce type d'ouvrage dans le monde anglo-saxon était plus centrée sur les décennies 70-80), ce livre choisit d'essayer de se démarquer en faisant le choix de placer la SF comme la littérature spécifique (et emblématique) du 20ème siècle.

anglais,2 étoiles

Le plan choisi par James est relativement classique puisque, après une préface et une introduction (où l'on trouve la fameuse définition quasi-tautologique "SF is what is marketed as SF"), il utilise une progression chronologique divisée en trois grandes étapes détaillées sur une quarantaine de pages ("Développement du genre" 1895-1940, "Victoire de la SF US" 1940-1960 et "New Wave, Cyberpunk et au-delà" 1960-1993) entrecoupées par deux chapitres consacrés pour le premier aux protocoles de lecture et pour le second à la communauté autour du genre (le fandom). Deux bibliographies (une primaire sélectionnée par année et l'autre secondaire et légèrement commentée) ainsi qu'un index clôturent l'ouvrage.

anglais,2 étoiles

Toutes proportions gardées, il est sans doute aussi difficile d'être original en évoquant ce type d'ouvrage qu'en l'écrivant. En effet, ces livres d'accès au genre sont généralement basées sur des schémas récurrents, qu'ils soient thématiques ou chronologiques (comme ici). On franchit tous les habituels points de passage et l'on croise les mêmes personnages : Wells et Verne, Campbell, la New Wave, le féminisme, Star Wars, le Cyberpunk, etc. On appréciera quand même l'option centrale de James (la SF phénomène du XXe siècle) qui nous épargne tout le laïus sur la proto-SF et la convocation de tous les glorieux ancêtres.

anglais,2 étoiles

On peut toutefois estimer que cet ouvrage fait clairement partie du dessus du panier des titres de sa catégorie, nettement supérieur à ceux de Seed (pourtant chez le même éditeur) ou de Stover (évoqué ici) pour n'en citer que deux. Ceci est sans doute dû à la grande connaissance du genre que possède James, par une perspective ou une sensibilité peut-être un plus "européenne" et par les qualités de synthèse dont il a dû faire preuve pour un ensemble qui atteint à peine deux cents pages de texte. Bien sûr, sa date de parution (vieille de déjà plus de vingt ans), rend inutile cet ouvrage pour connaître l'état actuel du genre mais il reste quand même largement assez pertinent pour appréhender le genre de par son analyse et sa partie historique.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

11/09/2014

_Greg Egan_

Greg Egan : Karen BURNHAM : 2014 : University of Illinois Press (série "Modern Masters of Science Fiction" #4) : ISBN-13 978-0-252-07993-1 : xii+190 pages (y compris index et bibliographies) : coûte 23 USD pour un tp non illustré (existe aussi en hc -03841-9 à 85 USD), disponible chez l'éditeur.

anglais,egan,2 étoiles

Ce titre est le quatrième dans la récente (lancée en 2012) série "Modern Masters of Science Fiction" publiée par l'université de l'Illinois, une série qui a déjà étudié auparavant Benford, Brunner & Gibson. Ici c'est au "grand mystère" (il n'existerait aucune photo de lui, d'où la silhouette noire sur la couverture du livre) Egan que s'attaque Karen Burnham, une physicienne américaine qui est aussi critique et essayiste sur la SF dans divers supports (Locus, Strange Horizons, NYRSF) et qui nous livre là son premier livre. On ne présentera pas Greg Egan, un des auteurs phares des décennies 1990 (dans le monde anglo-saxon) et 2000 (en VF avec un certain retard) qui s'est fait une spécialité de la Hard Science la plus dure qu'il soit avec force diagrammes ou annexes (dans les livres eux-mêmes et sur le net) et aspirine obligatoire pour ses dernières productions.

anglais,egan,2 étoiles

Après une préface et une longue introduction de Burnham, l'ouvrage se divise en cinq chapitres. Le premier survole l'intégralité des textes d'Egan en déroulant sa carrière; les trois suivant détaillent chacun un des thèmes clés de l'auteur (l'éthique, l'identité, la science) et le dernier évoque certaines positions plus polémiques prises par Egan (sur la religion par exemple). Une longue interview (20 pages mais non datée) termine l'ouvrage qui propose en plus une bibliographie (sommaire) de l'auteur, une liste de sources et un index.

anglais,egan,2 étoiles

Il était sans doute temps que quelqu'un se penche d'une façon approfondie sur l'oeuvre de Greg Egan, même si la réalité des choses est peut-être qu'il est plus un des nombreux météores du ciel de la SF qu'une étoile fixe (Burnham évoque bien cette perte graduelle d'audience depuis 2000, perte clairement matérialisée par son changement d'éditeur aux USA). Malgré tout, il reste pour de nombreux analystes, l'exemple type de l'écrivain de Hard Science et d'une SF sans concessions (Benford dirait "with the net up") une démarche qui est bien montrée dans cet ouvrage et bien explicitée par Egan dans l'interview finale. Le travail de Burnham est donc important pour qui veut comprendre les évolutions de la SF des années 90 (où l'influence d'Egan est maximale) parce que la "position eganienne" a été reprise par d'autres auteurs (on pensera à Chiang ou Marusek).

anglais,egan,2 étoiles

Malgré tout, par un étrange effet d'osmose, le livre de Burnham ne se révèle pas particulièrement plaisant à lire (trop aride comme son sujet d'étude lui-même ?) et manque un peu de chaleur humaine ou du moins de la présence de l'homme Greg Egan sans doute à cause de son culte du secret. A cette relative froideur s'ajoute une tendance de l'essayiste à déployer de longues digressions sur la place de la science dans la société qui "consomment" parfois un espace précieux. On aurait aussi aimé une analyse sans doute intéressante des raisons de l'effacement progressif d'Egan, poussé vers les small press (du moins aux USA) par une radicalisation de sa position vis à vis du genre qui ne semble pas faire recette. L'interview est précieuse (parce que rare) mais l'ensemble de l'ouvrage n'est pas, à mon sens, complètement satisfaisant parce que manquant peut-être un peu de passion et d'allant.

anglais,egan,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

10/09/2014

_Emshwiller : Infinity X Two_

Emshwiller : Infinity X Two : Luis ORTIZ : 2007 : Nonstop Press (série "Library of American Artists" #2) : ISBN-13 978-1-933065-08-3 : 173 pages (y compris index) : coûte 40 USD pour un HC illustré (format carré) disponible en neuf chez l'éditeur (et même en promotion).

anglais,2 étoiles

Comme (Outermost) un titre du même auteur paru chez le même éditeur, cet ouvrage est essentiellement un titre d'orientation graphique. En effet, s'il évoque d'un seul coup les époux Emshwiller (Ed l'illustrateur et Carol l'écrivain), il est, par la force des choses (s'agissant d'un ouvrage illustré), plutôt consacré au premier. Cet illustrateur est particulièrement connu en VF pour ses couvertures (souvent humoristiques) des premiers numéros de Galaxie (1ère et 2ème série) ou des copies qui en ont été faites. Son épouse, à la carrière qui a débuté plus tardivement, est elle une nouvelliste initialement étiquetée "New Wave" qui a continué d'écrire jusqu'en 2012.

anglais,2 étoiles

Après une préface de Carol Emshwiller et une longue introduction due à Alex Eisenstein, l'ouvrage est composé d'une quinzaine de chapitres qui déroulent chronologiquement et en parallèle les carrières des deux époux (avec un focus plus marqué sur Ed qui a eu une carrière plus longue, plus productive et dans des domaines plus variés que son épouse). Une iconographie (couleur et N&B) très abondante (photographies puis couvertures et illustrations puis images vidéo ou informatiques) enrichit l'ouvrage qui propose aussi une courte bibliographie et un index.

anglais,2 étoiles

On ne peut que louer la qualité purement physique de l'ouvrage qui est d'une grande solidité, agréable à manipuler et qui propose surtout des reproductions fidèles, en couleurs et grand format des oeuvres d'Ed Emshwiller. Bien évidemment les captures d'écran, de vidéos ou de films sont d'un niveau technique inférieur pour des raisons purement techniques. Le seul gros bémol en matière de qualité de fabrication est la complète inutilité du système de notes. En effet, si l'on a bien plusieurs pages de notes correspondant aux divers chapitres, il n'y a aucune façon de les relier au texte d'Ortiz puisque les renvois sont tout simplement absents (on peut simplement parfois deviner quelle note se réfère à quelle phrase).

anglais,2 étoiles

Outre ce problème qui obère la facilité de lecture, il ne faut bien sûr pas voir dans cet ouvrage une analyse en profondeur d'un artiste (et à fortiori de deux), ce que sa quantité de texte possible (somme toute réduite) ne permet pas. C'est d'autant plus vrai pour Carol dont l'oeuvre est assez rapidement expédiée. A cela s'ajoute la difficulté pour l'auteur de rendre compte par écrit de la deuxième partie de la carrière d'ED qui était centrée sur le cinéma "expérimental" ou la vidéo. Au final, un bel objet chatoyant dont les illustrations rappelleront de nostalgiques souvenirs à certains.

anglais,2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles

12/08/2014

_Canary Fever_

Canary Fever : John Clute : 2009 : Beccon Publications : ISBN-13 978-1-870824-56-9 : xii+415 pages (y compris index) : coûtait 35 GBP pour un hc non illustré en tirage limité à 40 exemplaires signés qui existe aussi en tp (-57-6, 16 GBP).

anglais, 2 étoiles

Quatrième tome (et plus récent) consacré aux critiques de Clute, ce volume se place chronologiquement (et par ordre de parution) après Strokes (Serconia Press, 1988), Look at the Evidence (Liverpool University Press 1995) et Scores (Beccon, 2003). Continuant à avancer dans le temps, il est (principalement) consacré aux textes de la période 2003-2008. Sans doute le plus influent (et redoutés) des critiques de SF, John Clute a été honoré cette année en étant l'un des Guest of Honour (GoH) de la 72ème convention mondiale de SF (Loncon 3), c'est dire sa place incontournable dans la réflexion sur la SF (il est un des acteurs de la SFE3) et les genres de l'imaginaire en général (pour lesquels il essaie de populariser le terme de "fantastika", voir page xi de cet ouvrage).

anglais, 2 étoiles

Ce recueil est divisé en cinq parties de tailles très inégales. Après une courte introduction de l'auteur, le livre commence par une section consacrée à John Crowley qui rassemble 6 essais consacrés à autant d'oeuvres sur une vingtaine de pages; suit une deuxième partie basée sur les mêmes principes mais dévolue à Michael Moorcock (3 textes, une dizaine de pages). On rencontre ensuite une partie qui rassemble quelques critiques antérieures (1988-1999) qui, pour diverses raisons, n'avaient pas été intégrées dans les recueils précédents. Elle est suivie par le gros du recueil (plus de 300 pages) qui présente les critiques écrites entre 2003 et 2008, par ordre chronologique de parution. Ces critiques sont parues dans un certain nombre de magazines, principalement Interzone, SFW & NYRSF, et traitent (généralement) d'une seule oeuvre sur quelques pages. Une dernière partie à l'image des deux premières, en hommage à Thomas M. Disch, clôture l'ensemble qui offre en sus un index.

anglais, 2 étoiles

Il est difficile de critiquer un critique aussi brillant que Clute, je me bornerai donc à rappeler que, à mon sens, il vaut mieux éviter de lire l'ouvrage d'une seule traite. Tout d'abord la prose de l'auteur est en effet plutôt complexe et use d'un vocabulaire recherché (qui, on s'en doutera, contient nombre de mots venant du français). Comme de plus Clute aime bien trouver des angles d'approche originaux (et parfois alambiqués) la lecture de chacune de ses critiques nécessite une certaine attention sous peine d'en perdre le fil et de devoir recommencer au début.

anglais, 2 étoiles

On sera récompensé de son attention par des avis solidement étayés (grâce à l'immense culture es-Sf de l'auteur) et par la perception en arrière-plan du déroulement de la conception d'une théorie globale de la fantastika. Ceci peut expliquer la présence non négligeable de critiques d'ouvrages situés plus ou moins hors du champ de la SF "classique". On pourra aussi applaudir à la démolition des incursions de Margaret Atwood dans notre caniveau ou acquiescer aux lauriers tressés à l'excellente biographie de Alice Sheldon par de Julie Phillips (évoquée plus platement ici). Seul bémol, on pourra avoir déjà lu et se souvenir d'une partie de ces textes, en particulier ceux parus dans Interzone.

anglais, 2 étoiles

Note GHOR : 2 étoiles